Le carrelage d'une salle de bain ne se choisit pas comme celui d'un séjour. L'eau chaude, le savon et les pieds nus imposent au carreau des contraintes qu'il doit tenir dix ans. Le sol réclame un grès cérame antidérapant, le mur un revêtement qui accepte les projections, et la douche une étanchéité posée sous le carrelage, jamais par-dessus.
Quel carrelage au sol pour une pièce humide
Le grès cérame est le choix par défaut : il ne craint pas l'eau et supporte le passage devant le lavabo. Sa version pleine masse, teintée dans l'épaisseur, garde sa couleur même si un angle s'ébrèche.
Le point à ne pas rater est l'antidérapant. Un carreau poli devient une patinoire dès qu'il est mouillé. On regarde donc son classement : les classes A, B et C de la norme DIN 51097 visent les zones fréquentées pieds nus, la classe C étant la plus rugueuse. Un sol de salle de bain se situe le plus souvent en classe B, une place de douche en C. Un carreau texturé, dit structuré, rend le même service sans être désagréable sous le pied.
Un grand format donne moins de joints mais exige un sol plan ; un petit format pardonne les défauts du support.
Le mur : faïence, grès cérame ou pierre
La faïence reste le choix courant : émail lisse, entretien facile, prix contenu. Sa limite est mécanique, un choc marque l'émail et laisse apparaître la terre cuite. Le grès cérame résiste mieux et permet de faire courir le même carreau du sol au mur, ce qui agrandit visuellement une petite pièce.
La pierre naturelle demande un hydrofuge et un entretien régulier, car le calcaire et le savon s'incrustent vite dans une douche.
L'étanchéité sous carrelage, la couche invisible
Aucun carrelage n'est étanche : l'eau qui traverse le joint et la colle descend dans la chape, puis dans le solivage ou chez le voisin. On pose donc sous le carrelage une résine liquide, appelée SEL, en deux couches croisées avec une armature, ou une natte étanche en rouleau collée au mortier-colle.
- Le sol de la douche en entier, avec remontée sur les murs et dans les angles.
- Les relevés derrière le receveur, autour de la baignoire et le long des murs exposés aux projections.
- Les angles et les passages de canalisation, renforcés par une bande noyée dans la résine.
- Les joints souples : dans les angles et à la jonction sol-mur, un mastic élastique remplace le joint rigide, pour suivre la dilatation sans fissurer.
La douche à l'italienne, le poste le plus technique
Trois ouvrages ne se rattrapent pas : le receveur, la pente et l'étanchéité.
Receveur maçonné ou prêt à carreler
Le receveur maçonné est coulé sur place, avec une forme de pente au mortier puis carrelée : il s'adapte à toutes les dimensions. Le receveur prêt à carreler arrive avec sa pente intégrée et se recouvre du même carreau que la pièce. Les deux demandent la même étanchéité.
Forme de pente et bonde linéaire
Toute l'eau doit rejoindre l'évacuation sans stagner, c'est le rôle de la forme de pente. Une bonde linéaire, posée sur la largeur de la douche, évacue plus vite qu'un point de vidage central et autorise un grand format sans multiplier les coupes. Une bonde mal positionnée laisse une flaque permanente, et la seule façon de la corriger est de casser.
La paroi et les finitions
Prévoyez le profilé et son joint d'étanchéité : la paroi mal posée projette l'eau hors du receveur.
Les prix poste par poste
Montants indicatifs, hors plomberie, pour une pose droite en format courant.
| Poste | Prix indicatif | Ce qui est compris |
|---|---|---|
| Carrelage au sol, fourni et posé | 60 à 110 € le m² | Carreau, colle, joint, calepinage et coupes |
| Carrelage mural ou faïence, fourni et posé | 60 à 110 € le m² | Coupes autour des sanitaires |
| Main d'œuvre de pose seule | 30 à 55 € le m² | Format courant posé droit, sans la fourniture |
| Pose en diagonale ou grand format | 45 à 75 € le m² | Même prestation, chutes et calepinage plus longs |
| Dépose de l'ancien carrelage | 15 à 30 € le m² | Piquage et évacuation des gravats |
| Ragréage du support | 10 à 25 € le m² | Primaire et rattrapage de planéité |
| Plinthes | 10 à 20 € le mètre linéaire | Fourniture et pose, coupes d'onglet comprises |
| Étanchéité sous carrelage | Chiffrée au forfait | Résine ou natte, bandes de renfort, relevés |
| Douche à l'italienne complète | 2 500 à 6 000 € | Receveur, forme de pente, étanchéité, bonde, carrelage, paroi |
L'étanchéité est souvent noyée dans le forfait douche, ce qui masque son poids : demandez-la en ligne séparée, avec le nombre de couches.
Le budget complet d'une salle de bain de 5 à 7 m²
Prenons une pièce de 6 m², soit environ 22 m² de murs à carreler, avec un sol à reprendre mais un support sain. Additionnés, les postes du tableau donnent des ordres de grandeur utiles.
- Sans douche à l'italienne, avec dépose et ragréage : de l'ordre de 2 300 à 4 500 € pour le sol, les murs et les plinthes.
- Avec une douche complète : le forfait de 2 500 à 6 000 € s'ajoute, ce qui porte le total le plus souvent entre 4 800 et 10 500 €.
- Le rythme : 15 à 25 m² par jour en format courant, 8 à 12 m² en grand format. Une salle de bain complète demande 3 à 5 jours, séchage compris.
Ces montants restent indicatifs : le carreau choisi et le nombre de découpes déplacent la facture de plusieurs centaines d'euros. Pour situer la pose seule dans le tarif général, notre guide sur le prix de pose au m² détaille les fourchettes.
La TVA à vérifier avant de signer
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, ces travaux relèvent en général de la TVA à 10 %. Le taux de 5,5 % ne s'applique qu'aux chantiers qui comportent un geste d'isolation, ce qui n'est pas le cas d'un carrelage seul ; en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, le taux est de 2,1 %. Le barème officiel de la TVA sur les travaux fixe les conditions, et c'est au client de certifier sur le devis que le logement remplit les siennes.
Pour une salle de bain adaptée à la perte d'autonomie, MaPrimeAdapt' peut financer une partie d'une douche de plain-pied ou d'un sol antidérapant, selon les revenus. Le dossier se monte avant les travaux, pas après.
Dans quel ordre se déroulent les travaux
- Dépose et évacuation de l'ancien revêtement, démontage des sanitaires.
- Reprise du support : ragréage ou chape, puis séchage complet avant la colle.
- Étanchéité de la zone douche, avec relevés et bandes d'angle.
- Pose des murs en partant du bas, avant le sol, pour que les coupes du sol viennent contre le mur.
- Pose du sol, calepinage tiré depuis l'entrée.
- Joints, plinthes, sanitaires et robinetterie, puis mastic souple dans les angles.
Pour trouver un artisan près de chez vous, parcourez l'annuaire des carreleurs commune par commune.
Questions frequentes
Quel carrelage choisir pour le sol d'une salle de bain ?
Un grès cérame antidérapant, en classe B pour la pièce et en classe C dans la place de douche au sens de la norme DIN 51097.
Quel est le prix d'un carrelage de salle de bain au m² ?
Comptez 60 à 110 € le m² carrelage compris, sol comme mur, et 30 à 55 € le m² de main d'œuvre seule posé droit. La pose en diagonale ou en grand format monte à 45 à 75 € le m². Montants indicatifs, le devis fait foi.
Faut-il une étanchéité sous le carrelage d'une douche ?
Oui. Le carreau et le joint ne sont pas étanches : sans résine liquide ou natte, l'eau migre dans la chape et le solivage. L'étanchéité se chiffre au forfait et doit apparaître sur le devis.
Combien de temps durent les travaux ?
Une salle de bain complète, sol, murs et étanchéité de la douche, demande 3 à 5 jours, temps de séchage compris.